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· Critique d’art

Quand on ne peut se résoudre à la vacuité du monde, il faut bien l’astreindre à sa propre échelle de valeur. Martin Engler, à grand renforts de techniques diverses, lui donne une dimension qui lui est propre. Le monde n’étant pas un tout dont on cernerait aisément les contours, son oeuvre ne fait que transcender cette diversité. C’est donc en vain qu’on cherchera à la définir pour mieux la réduire. L’enjeu est de taille, puisqu’il s’agit de liberté artistique. Martin ne suit aucune ligne précise, il va là où le mène son désir de créer. A ceux qui lui réclameraient un souci souvent opportuniste de cohérence, l’artiste oppose la force vive de son talent. Toute trajectoire idéale est vouée à l’ennui. S’il n’y a nulle part où aller, pourquoi vouloir y accéder par le chemin le plus court? En bon nomade, Martin prend le temps de la contemplation. C’est ici et maintenant que l’essentiel se passe.

· Art review

If the world seems empty and hard to accept, there is one thing that we must do: impose our own scale of values upon it. Martin Engler, mastering a wide range of different techniques, gives the world a dimension of its own. Since the world is not a totality whose outlines can easily be defined, his works simply transcend this diversity. Thus, it would be futile to try and define such diversity and so more easily reduce it. The stakes are high, since the issue is no less than artistic coherence, with the opportunism this often involves. The artist responds with all the vitality of his undeniable talent. Any career that follows an ideal course is bound to end in boredom. If you don’t have anywhere to go, why try to get there by the shortest possible route? Like the nomad he is, Martin takes time for contemplation. It is here and now that the most important things happen.

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· Laudatio pour l’ouverture de l’exposition de Martin Engler à la Deutsche Bank 24, Freiburg im Breisgau. 21 June 2001

L’ Art dépoussière l’âme du quotidien » ( Picasso) Nous trouvons là même où nous avons rarement l’idée d’aller chercher. Après ma première visite à cette exposition, j’ai réfléchi à la manière de complimenter l’artiste et de rendre compte de la qualité de son œuvre. Ce ne sont pas des pensées qui me sont venues à l’esprit mais des objets, des images d’objets ou, plus exactement, des objets en tant qu’images.

Je me suis alors souvenu d’un jeu qui convient aussi bien aux enfants qu’aux adultes et qui se pratique au cours de longues promenades ou lors de week-end pluvieux: il s’agit de préparer une valise imaginaire pour partir en voyage. Chacun y met quelques chose puis remet en pensée la valise au suivant qui lui ajoute quelque chose, le suivant aussi et ainsi de suite. La valise se remplit de plus en plus, tout d’abord avec des objets d’utilité première, puis avec des objets particuliers et à la fin, le vainqueur est celui qui se rappelle de tout ce qui a été placé dans la valise. Le contenu donne l’apparence d’un assemblage incohérent d’objets curieux qui, mis à part les brosses à dents et les pullovers, reflète non seulement la réalité utilitaire mais aussi les rêves et les désirs qui nous animent avant et après un voyage.

Quelle est la motivation du tzigane moderne qu’est le voyageur Martin Engler? Que nous apporte-t-il dans ses valises de plexiglas? Qu’est-ce qu’il y avait dans ces valises virtuelles qui surgit en premier dans mon esprit? Il apparaît alors du fil de fer barbelé, de vieilles chaussures d’ouvrier, un fusil, des pièces de jeu d’échecs, des armes, des chaînes d’esclave, des notes, des instruments de musique, l’immensité de l’océan, des factures, des quittances, des cloches, des montres de toutes sortes – avec ou sans aiguilles- , des pièces électroniques détachées fabriquées à Singapour, un accordéon, des souvenirs et des pièces de collection. Cet assemblage d’objets ne nous est pas présenté comme une masse amorphe mais ordonnée par thèmes, sans contraintes, de manière à ce que chacun de ces éléments puisse laisser suffisamment d’espace de jeu à ma fantaisie: je peux alors effectuer mon propre voyage avec ses souvenirs, ses couleurs, ses sons qui constituent ma propre réalité.

Seul un indice occasionnel nous rappelle de temps à autre que c’est un peintre qui nous parle: des huiles sur toiles tendues sur un châssis traditionnel ou des touches de pinceau colorées peintes directement sur le support transparent.

Ce qui surgit ensuite dans mon approche de ces œuvres d’art, c’est la curiosité par rapport à la création de l’objet d’art écrit en minuscules, ce qui relie l’artisan à l’art. Je suis alors tenté de toucher les objets afin de sentir, de deviner par quelle force particulière ils sont reliés à la structure en plexiglas, support même de l’œuvre. L’artiste a-t-il fait fondre des feuilles rigides pour les travailler et les former puis en éliminant l’air (vous connaissez la peur suscitée par un espace sans air expérimentée dans les cours de physique) fixe-t-il les objets qui deviennent alors immédiatement captifs?

Comme d’habitude des images nous viennent à l’esprit et nous pensons aux toutes premières œuvres d’art, les cavernes peintes et les peintures rupestres ou les histoires en images des Indiens. On présume qu’autrefois les artistes voulaient captiver les animaux et les objets, le monde matériel, afin de se rassurer. Aussi moderne que soit la matière du support de ces objets, à l’opposé leurs racines plongent très loin dans le passé. La relation avec la musique telle que nous la vivons ce soir est elle aussi une tradition ancestrale. De la création de l’objet d’art se dégage pour moi la métaphore de la force. Lorsque vous regardez ces œuvres de plus près et y pénétrez, vous remarquez alors que dans le processus de disposition des objets, une grande force entre en jeu, une puissante énergie les lie qui fait voler en éclats les cadres, déforme l’accordéon et éparpille le contenu du verre dans l’Océan. Je me mets alors à penser que lorsque nous nous approprions le monde afin d’y imposer notre ordre propre, en même temps nous le déformons.

Une autre caractéristique de ces œuvres est la transparence. Martin Engler renonce au support opaque du tableau, les siens sont transparents. N’en découle une indicible irritation, une insécurité, une sensation de mouvement. Ici à la banque, durant les heures d’ouverture, les clients et les employés se mêlent aux tableaux et y pénètrent de même que d’autres objets tels que les ordinateurs, les guichets et les sièges. Cet arrière-plan est changeant, en mouvement. Ce soir, les objets seront animés par les visiteurs de l’exposition. Cela signifie que l’artiste a renoncé intentionnellement au côté rassurant d’un arrière-plan visuellement stable, laissant place à l’environnement, l’invitant à participer à la création de l’œuvre d’art. Je pense que c’est un essai fort réussi d’extraire l’œuvre d’art de son habituel isolement et en même temps par là même de l’enrichir. Le monde de l’art et le quotidien sont ainsi reliés dans un même courant.

Permettez-moi pour terminer une remarque politique, une pensée pour la globalisation qui est devenue un fer de lance de l’argumentation. Nous devrions appréhender le processus de globalisation comme un ordre quasi divin, ne pas nous y opposer et en accepter ses bienfaits. En même temps, nous apprenons que la multiplicité des langues s’efface, que l’escalade de l’armement reprend, que l’abîme entre les pauvres et les riches se creuse de plus en plus, non seulement chez nous mais dans le monde entier. Le monde devient un grand village global plus supervisé, mais en même temps de plus en plus difficile à comprendre et pour beaucoup alarmant. C’est alors que l’art peut éventuellement nous apporter un peu de lumière à travers laquelle notre conscience peut se renforcer, notre vision s’élargir, nos jugements s’assouplir et notre tolérance vis-à-vis des étrangers de développer. Surtout lorsqu’un tzigane des cultures du monde tel que Martin Engler rassemble et recrée un univers.

Finalement le plus beau des compliments: les enfants auront beaucoup de plaisir à visiter cette exposition car elle n’implique pas la nécessité d’une démarche intellectuelle, elle est unique dans son esprit mais accessible. Je vous souhaite à tous une soirée très enrichissante.

· Inaugural tribute to Martin Engler’s art show at Deutsche Bank, Freiburg in Breigsau. June 21, 2001

“Art removes the daily dust from the soul “ (Picasso). We find exactly where it rarely occurs us to look at.

After my first visit to this show, I thought about how to pay tribute to the artist and do justice to the quality of his work. What came to my mind were not thoughts but objects, images of objects or, more precisely, objects as images.

Then I recalled a game which can be played by young and older people to spend the time during long walks or rainy weekends : the aim is to pack an imaginary bag before a trip. Each player packs something, then passes the imaginary bag to his neighbour, who adds something and passes it to the next player ,and so on. The bag gradually fills up, first with essentials, then with more specific things, and the winner is the player who can remember everything which has been packed. The content looks like a jumble of curiosities which, apart from toothbrushes, pullovers, etc., reflects not only practical realities but the dreams and wishes we nurture before and after any trip.

What is the motivation of the modern gipsy traveller Martin Engler ? What does he bring in his plexiglas suitcases ? What is my first perception of these potential luggage ? What comes up first is barbed wire, an old pair of worker’s shoes, a rifle, chessmen, weapons, slaves’ chains, music notes, musical instruments, the ocean immensity, invoices, receipts, bells, all kind of watches- with or without hands- electronic components made in Singapore, an accordion, memories and collector’s items.

These objects are not put together in a formless mass but organized by themes, in an unconstrained way so that each element allows enough space for my own fantasy to play with then I can embark on my own journey with memories, colors and sounds which compose my own reality.

Only an occasional sign reminds us that a painter is talking to us : oils on canvas over a conventional stretcher or color brushstrokes directly applied on the transparent medium.

The next feeling I get looking at these works of art is curiosity about the very creation of the work of art written small and how the craftsman connects to art. I am then tempted to touch the objects in order to feel, to find out what kind of particular force link them to the plexiglas structure, actual medium of the work itself. Did the artist melt down rigid sheets, form them and then expel the air ( remember how scared we were at school when we experimented an airless space in our physics courses ) and did he fix the objects which consequently become instantly captive ?

As usual, images come to our mind and we think of the very first works of art, the painted caves and the paintings on rocks or the Indians’pictures stories. In the past, the artists presumably wanted to fix these images of animals and objects, the material world, in order to give themselves a sense of security. As modern as the medium of these objects is, on the opposite their roots go far back into the past. The link to the music we listen to tonight is likewise an ancestral tradition.

It seems to me that the creation of the work of art generates the metaphor of force. When you look closer at these works of art and penetrate into them, you notice that the way the objects are displayed is generating a great force, a powerful energy which links them together, bursts the frames apart, distorts the accordion and scatters the glass’s content into the Ocean.I then start to think that when try to appropriate the world and impose our own vision of order, we distort it.

Another characteristic of these works is transparency. Martin Engler is giving up the usual opaque medium of paintings, his are transparent. It creates an indefinable irritation, a sensation of movement. Here at the bank, during opening hours, customers and employees join the works of art, interact with them the same way as they are with computers, teller windows and seats. This background is changing and moving.

Tonight, the exhibition’s visitors will bring the objects to live. This means that the artist has deliberately given up the reassuring aspect of a stable visual background, giving way to the environment, inviting it to be part of the process of creating the work of art.

I think this is a very successful attempt to extract the work of art out of its usual isolation and consequently simultaneously enrich it. This way, the artworld and the everyday world are bounded in the same flow.

Allow me to end with a political remark, a thought about globalization which has become the topic of every argumentation. We are supposed to view the globalization process as a quasi divine order without opposition and accept its benefits. At the same time, we learn that the linguistic multiplicity is on the wane, the arms race is starting again, the abyss between rich and poor is widening more and more, not only at home but worldwide. The world is becoming a large global village more supervised, but at the same time more and more difficult to understand and alarming for many people.

At this point art could bring us some light through which our consciousness might be reinforced, our vision broadened, our judgments eased and our tolerance towards foreigners developed. This particularly happens when a worldwide cultural gipsy like Martin Engler gathers and re-creates a universe.

Finally the crowning compliment : the children will very much enjoy this exhibition as it does not require the necessity of an intellectual process, it is unique in its spirit but accessible to all.

I wish you all a very enriching experience.

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· Cuba, le coffre-fort abandonné

Il y a quelques jours, Martin Engler est venu à mon travail pour y déposer quelques invitations au vernissage de ce soir. En ouvrant la mystérieuse enveloppe j’ai lu “Le coffre fort abandonné” et mon imagination c’est aussitôt mise en marche. Un coffre fort est déjà un objet qui n’a rien d’innocent. Il est, pour ainsi dire, “chargé symboliquement”. Je vous livre mon ressenti, mes réflexions, les questions et réponses que cette rencontre m’ont inspiré.

Quel formidable sujet dont un artiste peut s’emparer et à partir duquel développer un propos “pertinent” et surtout impertinent.

Un coffre-fort? ... Abandonné? Qu’est ce que ça peut vouloir dire?

Commençons notre enquête!

C’est Quoi? A quoi ça sert? Ou plutôt, « quelle est ça place dans mes besoins? » Bien sur sa fonction consiste à contenir et surtout protéger des valeurs ou des secrets à ma place. Il libère quelqu’un de cette double charge: porter et protéger. De Quoi? De la convoitise surtout, ce qui introduit une tension forte comme lui entre deux espaces qu’il instaure en les séparant: l’intérieure (protégé) et l’extérieur (instable, agressif, malintentionné...).

Sa place dans les besoins de l’homme est apparue avec la fin du nomadisme autant dire avec le début de ce que nous appelons “ civilisation “ ou l’art de vivre en citées. Les valeurs et les secrets devenant trop lourds à porter ... pour moi, un cheval ou une paire de boeufs pas assez rapides pour la nécessaire fuite en avant de mon évolution soupçonneuse. La promiscuité ne permettant plus d’enterrer en douce quoi que ce soit dans un coin tranquille, il ne reste plus qu’à confier ses valeurs et ses secrets au gardien le plus froid, bête et discipliné pour n’être jamais trahi: J’ai nommé LE COFFRE FORT. L’inertie formidable d’un creux plus lourd que s’il était plein; “L’inaccessible à portée de la main” vous dirait le vendeur.

Mais quel serait l’objet de la convoitise qu’il renferme? Le client de la protection? Qu’ai-je à soustraire de l’espace public sinon ce qu’il désir me prendre? Il y a, présupposée par ce blindage, une opposition latente mais forte entre la propriété et sa violation. Rien de plus n’est nécessaire pour échafauder les trois quarts des scénarii écrits ce dernier millénaire (et celui d’avant). L’intrigue brille par son évidence dès l’apparition du coffre-fort.

Néanmoins il c’est tout de même passé quelque chose de terrible qui a chamboulé notre âge de l’accès: La Dématérialisation qui abolit plusieurs données mais pas le problème.

Tout un chacun peut se définir de nombreuses manières: en dollar par jour entre autre mais il est plus que rare de voir la couleur de son argent en tous les cas plus qu’il ne se peut dépenser en deux jours à la fois car il n’est plus obligatoire de porter sur soi plus que dix grammes de plastique pour disposer de son capital.

Exit le sonnant et trébuchant. Les capitaux ainsi que leurs mouvements sont confiés à des circuits imprimés de bon aloi.

Ce fameux numérique ! Aux antipodes de l’ouvre originale et unique telle que les collagraphies de Martin sur la crise financière. Débutées en 2008 à Cuba avec la découverte de ce coffre abandonné, voici donc treize pièces uniques, parfois visionnaires tant elles ont anticipées l’actualité, que vous pourrez acquérir bientôt. Ainsi ce soir vous verrez ce personnage principal, ce coffre, qui parle si bien de notre monde et de nous-même, quand il nous ressemble, dans des situations et des postures particulières qui sont inscrites dans notre Histoire.

Je ne voulais pas compliquer tout ceci en traitant de sa qualité d’abandonné car la richesse symbolique du coffre fort n’en a nul besoin et s’eut été présomptueux. En revanche cet élément supplémentaire bouleverse complètement la lecture que vous pourrez avoir de l’oeuvre de Martin Engler et ceci vous appartient Comme il vous appartient de vous en ouvrir entre vous (ou pas). Pour l’heure Martin donne à voir et à aimer (je le souhaite) cette porte, ouverte sur une richesse d’interprétation qu’il laisse à votre discrétion.

· Cuba, the abondend safe

A few days ago Martin Engler came to my workplace to drop off some invitations for this evening’s vernissage. When I opened the mysterious envelope and saw the words “The abandoned safe” my imagination set itself into motion straight away. A safe, to begin with, is anything but an innocent object. It is so to speak symbolically loaded. Here is what I felt and thought, the questions and answers that this encounter brought up in me.

What an amazing topic for an artist to seize upon, as a starting point to develop a pertinent – and above all, impertinent discourse. A safe? Abandoned? What on earth does that mean ? Well, let’s find out !

What is it? What is it for? Or rather, how does it fit in with my needs? Of course, its purpose is to contain, and above all protect, valuables or secrets on my behalf. It frees people from a twofold load: carry and protect. From what? From greed, mainly, and this creates a tension, as strong as the object itself, between the two spaces that it creates by separating them: the inside (protected) and the outside (unstable, aggressive, malicious…).

It found its place in the lives of mankind with the end of the nomadic lifestyle, or you could say with the beginning of what we call today “civilisation”, the art of living in cities. Valuables and secrets have become too heavy to carry … too heavy for me, for a horse or for a pair of oxen that are too slow to let me make an escape forward, away from my suspicious evolution. Living on top of one another we can no longer bury things in a quiet corner, and so we have to entrust our valuables and secrets to the coldest, dumbest and most disciplined of keepers if we don’t want to be found out: The Safe. A formidable inert space; a hollow that seems to weigh more than if it were full; “The inaccessible within reach” as the salesman would tell you.

But what is the coveted object inside it? What is it that needs to be protected? What do I want to hide away from the public domain, other than what the latter wants to take away from me? There lies in this armour a latent but powerful contrast between property and its violation. Here are the makings of three quarters of all stories written in the last thousand years (and the thousand before them). The plot unfolds as the Safe makes its entrance.

And yet, something terrible has happened which has put our information age upside down: dematerialisation has done away with all kinds of data, but not with the problem itself. Each one of us can define themselves in many different ways: for example, in dollars per day. But it is less often that one sees the true colour of one’s money - other than that which you would spend within two days - for we no longer need to carry more than ten grams of plastic with us in order to have all our capital at our disposal. Gone are the days of notes and coins. Finance and capital flow is now controlled by shiny printed circuit boards.

Great new digital world! It is the direct opposite of art, where each work is original and unique, like Martin’s collagraphies about the financial crisis. Starting in 2008 in Cuba with the discovery of that abandoned safe, thirteen unique, sometimes visionary works came into being that you will shortly be able to acquire. And so tonight you will see the main character, the Safe, that tells us so much about our world and about ourselves, that holds up a mirror to those specific situations and postures that are enshrined in our history.

I wasn’t going to complicate all this by discussing its state of abandon. It would not have added to the symbolic richness of the safe and it would have been presumptuous. However this additional element turns your understanding of Martin Engler’s work upside down, and it is up to you what you make of it, just as it is up to you whether you want to share your readings of his works among yourselves (or not). For now, Martin opens your eyes, and (I hope) your heart, for this portal to a wealth of interpretations that he leaves entirely at your discretion.